Retrouvez les dossiers d'actualité du mois par le Cabinet de recrutement R.C.V. Conseil : - Les embauches de cadres repartent à la hausse, - IA : les Français plus accros que les Américains, - « Quand nos clients viennent nous voir, ils se croient à au Puy-du-Fou » : ces patrons qui font prospérer leur entreprise à la campagne, - L'édito : "La France ne manque pas d’argent, elle manque de travail productif", - Le Chargé de recrutement du mois. Spécialisé depuis plus de 27 ans dans les métiers du BTP, de l'Industrie, des Energies, de l'Environnement, des Services aux entreprises et de l'Immobilier, nous répondons à vos besoins sur les profils production, exploitation, études, commerciaux, techniciens, managers,… (www.rcv-conseil.com).

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La France ne manque pas d’argent, elle manque de travail productif

Les Français se plaignent de leur pouvoir d’achat. À longueur de sondages, de débats et de plateaux télé, la même rengaine revient : « on ne s’en sort plus ». Pourtant, la vérité est plus dérangeante que le slogan. Le pouvoir d’achat n’a pas disparu. Il s’est déplacé. Et ce déplacement est le résultat de choix politiques clairs, assumés… et reconduits. Oui, les salaires français sont bas. En 2025, un salarié du privé gagne en moyenne 2 735 € net par mois, 2 530 € dans le public, avec un salaire médian à 2 152 €. Comparez avec l’Allemagne : près de 500 € de plus chaque mois. Or ces 500 €, c’est précisément ce qui manque à beaucoup de Français pour « vivre correctement ». Le constat est brutal. Accuser les actionnaires est une facilité intellectuelle. Le partage de la valeur ajoutée n’a pas été bouleversé depuis trente ans. Le problème est ailleurs : dans notre rapport au travail, à la production et à l’effort collectif. Nous sommes passés d’un peuple de producteurs à une société de consommateurs, convaincue qu’on peut durablement acheter ce que l’on ne produit plus Rappelons une évidence que l’on préfère oublier : le revenu dépend d’abord du travail fourni. Quantité et qualité. Or la productivité française décroche, durablement. Comment prétendre jouer dans l’économie de précision du XXIᵉ siècle quand une part significative de nos collégiens ne maîtrise pas les fondamentaux ? Ce n’est pas un débat idéologique, c’est une réalité économique Ajoutez à cela un coin socio-fiscal parmi les plus élevés d’Europe. Le travail finance un modèle social devenu incontrôlable, tout en refusant collectivement d’augmenter le temps de travail sur une vie. Les conséquences sont mécaniques : soit les retraites baisseront, soit les prélèvements augmenteront encore, appauvrissant entreprises et salariés Bas salaires, faible valeur ajoutée, pensions sous pression : la chaîne est connue. Si les salaires français sont trop bas, ce n’est ni un complot ni une fatalité. C’est le résultat de choix politiques répétés. Et tant que nous refuserons d’en assumer les conséquences, le malaise du pouvoir d’achat restera intact.

 

Régis de la CROIX-VAUBOIS Président

 

 

 

 

 

Le Chargé de Recrutement du mois

Louis-Marie MOINIER : Titulaire d'une Maitrise d'Economie Appliquée et Sciences Politiques (2009) et d'un Master en Management des Ressources Humaines (2010), obtenus à Paris IX Dauphine, après une première expérience comme Chargé de recrutement, Louis-Marie est intervenu en gestion des ressources humaines sur un site d'ALSTOM en Inde et comme Consultant SIRH au sein d'une ESN ; il intervient chez R.C.V. Conseil depuis 2014 comme Responsable du Pôle Génie Civil, TP, VRD, Sols, Structures et Environnement. Il est Associé du Cabinet depuis 2021.

3 questions à Louis-Marie MOINIER :  

Entre discours alarmistes et signaux de rebond, où en est vraiment le marché du recrutement aujourd’hui ? Et quelles mutations majeures anticipez-vous pour 2026 ? La dissolution de juin 2024 et l’instabilité politique qui s’en est suivie ont entraîné une période de ralentissement économique d’environ 18 mois, se traduisant immédiatement par des intentions de recrutement historiquement basses. Sans parler encore d’une relance franche de l’activité, nous percevons depuis décembre 2025 les premiers signes d’un rebond. L’indice PMI du secteur manufacturier est repassé au-dessus de 50, reflétant une expansion de l’activité industrielle après plusieurs mois de contraction. Chez nos clients, cette amélioration se traduit par de nouveaux besoins en recrutement pour des créations de poste, et non plus uniquement pour des remplacements liés à des départs. Pour 2026, plusieurs tendances se dessinent. L’IA pourra venir en soutien aux recruteurs, mais le contact humain reste central pour évaluer les motivations et la compatibilité avec l’entreprise. Le départ à la retraite des derniers baby-boomers libère des postes tout en entraînant une perte de savoir-faire technique et professionnel, difficile à remplacer. Enfin, les candidats sont exigeants : ils recherchent un poste qui correspond à leurs compétences et aspirations, ce qui rend essentiel de bien connaître le client et le poste pour proposer une opportunité réellement adaptée. En résumé, pour 2026, la combinaison de l’humain, du transfert de savoir-faire et de l’IA comme outil d’appoint sera la clé pour sécuriser les meilleurs profils dans un marché tendu et en mutation. Selon vous, quelle information les entreprises sous-estiment encore trop souvent quand elles vous confient une recherche ? Depuis la révolution d’internet, le métier de recruteur peut paraître assez simple vu de l’extérieur. En France, environ un actif sur deux dispose d’un profil LinkedIn et, selon l’APEC, 87 % des cadres ont un profil actualisé. Pourtant, toute notre valeur ajoutée consiste à transformer ces profils en véritables candidats. Car les meilleurs talents sont souvent déjà en poste. Même dans un marché tendu ou pénurique, ils sont prêts à bouger, mais exigent que les missions aient du sens pour leur carrière. Les entreprises ont tendance à sous-estimer cet aspect. Pour les recruteurs, cela signifie qu’il faut aller chercher ces talents, prendre le temps de faire un vrai point avec eux, comprendre leurs motivations et les amener à s’ouvrir au marché. C’est un travail subtil et personnalisé, qui dépasse la simple publication d’offre et qui fait toute la différence pour le candidat comme pour l’entreprise. Quel est le moment où vous vous dites : « C’est pour ça que j’adore ce métier de recruteur » ? Ce sont ces moments où un accompagnement personnalisé porte ses fruits. Quand vous prenez le temps de discuter avec un candidat, de comprendre ses compétences, ses motivations et ses aspirations, et que vous connaissez parfaitement votre client pour pouvoir lui proposer un poste réellement adapté, le résultat est gratifiant pour toutes les parties. Par exemple, pour un de nos partenaires façadiers, j’ai suivi un candidat issu d’un secteur proche, celui des pylônes métalliques. Il a fallu plusieurs échanges techniques pour valider la transposition de ses compétences. Aujourd’hui, il a validé sa période d’essai, il est épanoui dans son nouveau poste et sa famille s’apprête à déménager pour s’installer en province. La direction technique de notre client bénéficie quant à elle d’un profil expérimenté et motivé, prêt à s’inscrire dans la durée. C’est exactement dans ces moments-là que je mesure la vraie valeur du métier : lorsqu’une rencontre transforme un projet professionnel en réussite concrète, durable et humaine.

 

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R.C.V. Conseil, l'ensemble de nos prestations : - Recrutement, - Prestation de Chasse (contrat de mission),  - Dossier d’Evaluation (approche directe), - Prise (contrôle) de références, - Veille Mobilité, - Bilan de compétences (formation),  - RPO (externalisation du recrutement), - Outplacement (reclassement),  - Conseil en orientation et recherche d’emploi (formation),  - Portage salarial,  - Test de personnalité ou d’aptitude. N'hésitez pas à nous consulter.  

 

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Recruter, c'est bien ; fidéliser, c'est mieux : le service de Veille Mobilité proposé par R.C.V. Conseil.

Notre service de Veille Mobilité consiste à informer au plus vite nos entreprises clientes lorsqu’un de ses salariés s’ouvre au marché via les médias internet de l’emploi. Notre Cabinet rassemble et traite pour elles les informations recueillies sur les principaux réseaux du marché français :

  • CV Aden : Groupe Figaro Classifieds, CV Aden rassemble les sites Cadremploi, Cadreonline et Keljob, et affiche environ 2 millions de profils avec leurs C.V., plus d’un Cadre français sur deux s’y rend chaque mois,
  • Indeed : premier site emploi mondial, Indeed compte 250 millions d’utilisateurs mensuels dont plus de 6 millions de visiteurs par mois en France,
  • APEC : acteur majeur de l’emploi, l’APEC compte plus de 300.000 profils de Cadres avec leur C.V.,
  • Pôle Emploi : Pôle Emploi compte plus de 5 millions de profils avec leur C.V. en ligne ; c’est le premier jobboard de France,
  • LinkedIn : principal réseau social professionnel comptant 25 millions de profils en France - ce qui représente 80 % de la population active - nous y avons investi dans un outil complémentaire afin d’être informés de l’ouverture active au marché des profils.

Munis de cette information (publique et accessible à tous), cela permet à l’entreprise d’adopter l’attitude et la stratégie les plus adaptées vis-à-vis de son collaborateur.

A chaque transmission d’éléments sur un salarié, et en complément de cette prestation de Veille Mobilité, l’équipe du Cabinet propose de le contacter directement et confidentiellement afin d’analyser ses motivations ; ce contact fera l’objet d’une commande spécifique.

 

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Les embauches de cadres repartent à la hausse

Le dernier baromètre de l'Apec publié récemment montre un net regain des intentions d'embauche de cadres en ce début d'année, sauf dans les TPE. Attentistes à court terme, les intéressés se voient bien ailleurs dans un an (avec Les Echos). Pour les cadres du privé, le printemps va-t-il arriver avec un peu d'avance ? Même si la prudence est de mise, leur marché de l'emploi montre des signes de reprise en ce début d'année après deux années en retrait, a indiqué, mardi dernier, l'Association pour l'emploi des cadres, l'Apec, qui fait le lien avec la bonne tenue de l'investissement des entreprises, dans l'industrie particulièrement. « Après une année 2025 encore bien morose, on observe en ce début d'année plusieurs signes plutôt encourageants, plutôt convergents, qui pourraient laisser penser à une possible amélioration du marché de l'emploi des cadres courant 2026 », a indiqué la directrice générale de l'Apec, Laetitia Niaudeau, en préambule de la présentation d'un baromètre prospectif sur les perspectives d'embauches. Du baromètre, il ressort bien que les choses bougent du côté des grandes entreprises ou de celles de taille intermédiaire : fin décembre, un peu plus d'une sur deux (51 %) envisageaient d'étoffer ses effectifs d'au moins un cadre dans les trois mois à venir, contre 43 % fin septembre. Les PME ne sont pas en reste, avec 16 % et 12 % respectivement (+4 points). Le conditionnel reste de mise d'autant que les employeurs étaient encore frileux en fin d'année dernière. Sur le dernier trimestre, seulement 8 % des entreprises ont embauché au moins un cadre, 2 points de pourcentage de moins qu'un an auparavant, un plus bas depuis fin 2020. La contraction du marché de l'emploi des cadres est particulièrement marquée au sein des TPE, même si ce ne sont pas là que l'on trouve les gros bataillons d'embauches. La morosité ambiante a en tout cas bien été perçue par les bac +5 fraîchement diplômés qui ont eu plus de mal à faire leurs premiers pas professionnels ces deux dernières années. Le début 2026 s'annonce sous de meilleurs auspices, comme le montre l'indicateur du climat des affaires de l'Insee, qui a presque retrouvé sa moyenne de long terme. « La dynamique de recrutement des cadres est très corrélée avec le niveau d'investissement des entreprises », a rappelé Laetitia Niaudeau. Qu'il soit le signe d'une amélioration ou d'un arrêt de la tendance à la baisse, ce faisceau d'indices (qui ne touche pas les TPE, au contraire) ne permettra pas encore de revenir aux niveaux de fin 2022, une époque euphorique sur le marché du travail post-Covid. Toutes tailles d'entreprise confondues, on en reste d'ailleurs encore à 8 % d'intentions d'embauche, un niveau très bas. Et ce ne sont que des intentions déclarées, a bien insisté Laetitia Niaudeau. Les jeunes rongent leurs freins La publication en avril du panel de l'Apec permettra de juger. Ce qui semble certain en revanche, c'est que les cadres n'ont toujours pas le moral. Sécurité de l'emploi, situation économique de leur entreprise ou de la France, sans oublier le contexte international, l'année 2025 n'a montré aucune amélioration. « Les indicateurs de confiance sont restés à des niveaux historiquement bas, comparables, et c'est à noter, à ceux de septembre et de décembre 2020, en pleine crise Covid », toujours selon la directrice générale de l'Apec. Les cadres jugent donc la période actuelle peu propice pour aller chercher meilleure fortune ailleurs. En décembre, seuls 42 % d'entre eux estimaient facile de trouver un emploi équivalent, 3 points de moins en un an. Logiquement, la proportion de cadres prêts à changer d'employeur dans les trois mois reste faible (à 14 %). A douze mois en revanche, les intentions de mobilité « progressent significativement » pour atteindre 40 %, contre 37 % un an auparavant. Elles n'ont même jamais été aussi élevées. Les jeunes cadres de moins de 35 ans, traditionnellement plus enclins à bouger pour progresser en rémunération ou en responsabilité, sont même 61 % à se projeter ailleurs à cet horizon de temps (+9 points). « On a le sentiment que les cadres ont mis entre parenthèses leurs souhaits de mobilité dans le contexte actuel. ils sont attentistes et prudents avant de se lancer. Si le marché reprend concrètement en 2026, alors les besoins de recrutement des entreprises pourraient rencontrer une réelle envie de mobilité des cadres », anticipe Laetitia Niaudeau.

 

 

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IA : les Français plus accros que les Américains

Près de 44 % des Français utilisent des outils d'IA générative, plaçant la France au cinquième rang mondial, loin devant les Etats-Unis. Les Emirats arabes unis dominent avec 64 % d'utilisateurs, selon une étude de Microsoft qui donne un bon aperçu de la géopolitique de l'IA (avec Les Echos). On aurait volontiers imaginé les Américains, patrie de Sam Altman ou d'Elon Musk, accros aux chatbots d'IA. Curieusement, ChatGPT, Grok, Gemini ou Copilot sont davantage prisés des Français. C'est ce qui ressort d'une étude réalisée par Microsoft sur la diffusion de l'IA : la France figure au cinquième rang des pays affichant la plus forte adoption de la technologie (*) ; près de 44 % des Français entre 15 et 64 ans utilisent des outils d'IA générative. Utilisation cachée « On constate une large adoption dans le monde du travail, mais aussi des développements dans les services publics, et des plans de formation en faveur de l'IA », souligne Eneric Lopez, directeur IA et Impact de Microsoft France. Qui nuance néanmoins : « Quand on compare nos chiffres avec des études sur les TPE-PME, on voit un net décalage. Il y a sans doute de l'utilisation cachée : les salariés sont adeptes des chatbots, mais l'IA n'est pas forcément intégrée pleinement dans les process des sociétés. » Quoi qu'il en soit, la France domine les Etats-Unis (28,3 %)… qui pointent, eux, au 24e rang des pays analysés, en recul par rapport à l'étude publiée en octobre. Si le pays de l'Oncle Sam a les modèles de pointe, les infrastructures, mais aussi les dernières innovations en la matière, il lui manque la confiance. « Le niveau de confiance n'est pas si élevé que ça comparé à d'autres pays. Et on ne voit pas non plus aux Etats-Unis des politiques très incitatives, de grands plans de formation généralisés », reprend Eneric Lopez. « Les Etats-Unis fabriquent des Formule 1, mais les gens ne les utilisent pas forcément », sourit-il. Le champion toute catégorie de l'IA générative est les Emirats arabes unis : là-bas, 64 % de la population est « dopée » aux chatbots, juste devant Singapour (60,9 %). Et ce n'est pas un hasard : dès 2017, Abu Dhabi a nommé le premier ministre d'Etat au monde chargé de l'intelligence artificielle et a lancé une stratégie nationale en matière d'IA. « Lorsque la vague actuelle d'IA générative est arrivée, les résidents des Emirats arabes unis ont découvert une technologie qui leur était familière, que leur gouvernement déployait dans les services publics et dont il discutait dans les débats nationaux depuis cinq ans », souligne l'étude. Parallèlement, le pays du Golfe a mis en place des visas pour attirer des talents dans ce secteur et déployé une réglementation attractive. Mais c'est la Corée du Sud qui affiche l'un des bonds les plus remarquables, en 2025. Le pays est devenu le deuxième marché en termes d'abonnés pour ChatGPT, derrière les Etats-Unis. DeepSeek a changé la donne Plus globalement, l'IA est de plus en plus devenue un outil courant dans le monde : une personne sur six l'utilise. Mais avec des écarts massifs : l'adoption des nouvelles technologies est presque deux fois plus rapide dans les pays du Nord que ceux du Sud, « soulignant le rôle clé des infrastructures, des modèles linguistiques et des politiques publiques », note l'étude. Toutefois, le lancement du modèle chinois de Deepseek l'an dernier rend l'IA de plus en plus populaire en Chine, mais aussi dans d'autres pays comme Cuba ou le continent africain « où les services américains sont soumis à des restrictions et où l'accès aux technologies étrangères est limité », détaille le document. En outre, l'absence de frais d'abonnement ou d'obligation de paiement a réduit les obstacles pour des millions d'utilisateurs, tandis que des partenariats avec Huawei notamment ont démocratisé l'IA. En Afrique, l'utilisation de DeepSeek est estimée être deux à quatre fois plus élevée que dans d'autres régions. « Cette dynamique met en évidence la manière dont l'IA open source peut fonctionner comme un instrument géopolitique, étendant l'influence chinoise. » Pour les auteurs de l'étude, le prochain milliard d'utilisateurs d'IA pourrait ainsi émerger « non pas des pôles technologiques traditionnels, mais des pays du Sud, grâce à l'innovation open source ».

 

   

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« Quand nos clients viennent nous voir, ils se croient à au Puy-du-Fou » : ces patrons qui font prospérer leur entreprise à la campagne

A rebours des clichés, les chefs d'entreprise implantés en zone rurale saluent les nombreux avantages en termes de coût et de qualité de vie. Selon une enquête de Bpifrance, ils pointent néanmoins des difficultés de recrutement (avec Les Echos). Difficile d'imaginer que des nez du Rafale, des pales d'hélicoptères ou des couronnes pour lanceurs de fusée sont le quotidien de Saint-Remy-Chaussée, niché au cœur de l'Avesnois, dans le Nord. C'est pourtant là, dans ce petit village de 500 habitants, qu'est implantée depuis 1855 l'entreprise CBM, devenue spécialiste des emballages industriels à haute valeur ajoutée. « Pourquoi je déménagerais ? J'ai un foncier pas cher, le soutien des acteurs publics locaux, une fiscalité plus douce et un cadre de vie rêvé pour moi et mes salariés », lance Hélène Cattelot, aux commandes depuis douze ans de cette entreprise familiale qui emploie une quarantaine de salariés. L'usine va d'ailleurs doubler de taille cette année. « Pied de nez » Bien que moins visibles, l'Hexagone regorge d'aventures entrepreneuriales qui s'épanouissent au vert. Si les métropoles concentrent la majorité de l'activité économique, la campagne - la France étant, après la Pologne, le pays européen le plus rural - abrite un tissu très dynamique. D'après l'Insee, 28 % des entreprises tricolores sont implantées dans des communes rurales (moins de 300 habitants par kilomètre carré). Un visage entrepreneurial peu mis en avant, sur lequel Bpifrance Le Lab a souhaité se pencher, en prenant le pouls de 2.500 patrons ruraux. Premier enseignement de cette étude récente : ces entreprises sont en moyenne plus petites (à peine 4 % ont entre 10 et 200 salariés dans des « communes rurales à habitat dispersé », contre 22 % dans des grands centres urbains) et plus industrielles (28 % en milieu rural contre 7 % dans toute la France). La plupart des dirigeants sont aussi des enfants du pays. Trois sur quatre sont originaires du territoire (43 % y ont même grandi sans jamais le quitter), même si 20 % y sont venus pour des opportunités d'affaires. A rebours des sombres visions de déserts médicaux et d'enclavement, seulement 10 % des dirigeants considèrent cette implantation comme une faiblesse et 45 % plutôt comme une force (45 % n'ayant pas d'avis). « C'est un pied de nez au discours misérabiliste sur les territoires ruraux », décrète Bao-Tran Nguyen, responsable du pôle études stratégiques chez Bpifrance Le Lab. En revanche, ils ne sont que 27 % à juger que la vie économique sur leur territoire est en plein essor ou en renouveau. Un sur deux (52 %) estime qu'elle est en stagnation et deux sur dix (21 %) qu'elle est en déclin. A l'heure des visios, l'éloignement des grands centres de décision économique n'est plus une contrainte. « La digitalisation a tout changé. Je ne suis pas obligée de me déplacer systématiquement pour échanger avec Airbus Helicopters, situé à l'autre bout, à Marignane [Bouches-du-Rhône] », pointe Hélène Cattelot. Longtemps vécues comme un point noir, la faiblesse ou l'absence des réseaux de télécommunications - les fameuses zones blanches - semblent aussi du passé. « La qualité des réseaux a longtemps été un problème ; ça ne l'est plus », reconnaît Benoit Houzel, à la tête de Benoit Systèmes, qui fabrique des kits de motorisation pour les fauteuils roulants à Billy-lès-Chanceaux (Côte-d'Or), à une heure de Dijon. « Nous avons utilisé les liaisons par satellite jusqu'à ce que la fibre soit installée, et avec la mairie, nous nous sommes battus pour avoir une antenne-relais », raconte le dirigeant de cette entreprise de 40 salariés et 7 millions de chiffre d'affaires, dont un tiers à l'export. Sans surprise, la quête d'une plus grande qualité de vie reste un fil rouge. Pour Thierry Schneider, elle a même été le leitmotiv pour reprendre, il y a plus de trois ans, un magasin bio à côté du cap Fréhel, dans les Côtes-d'Armor. « Nous voulions avec mon épouse quitter Strasbourg et reprendre une entreprise qui soit située près de la mer », explique cet ancien directeur commercial, lassé d'une vie de voyages. Des engagements associatifs locaux Deux critères sont indispensables à ses yeux pour réussir l'entrepreneuriat à la campagne : un axe de transport pas trop éloigné - il est à vingt minutes de la gare TGV de Lamballe - et l'implication dans un réseau pour éviter l'isolement du dirigeant - il est administrateur du groupement Accord Bio (260 magasins indépendants) et de l'Association nationale des épiciers bio. Seuls 28 % des sondés à la campagne éprouvent un sentiment de solitude. « Les relations avec les autres entreprises, les élus locaux, sont plus faciles et plus fortes », décrypte Thomas Bastin, responsable d'études stratégiques chez Bpifrance Le Lab. Les acteurs publics ont tout intérêt à les bichonner. « On a beaucoup plus de valeur ici que dans une zone industrielle de 100 entreprises », déclare Benoit Houzel, qui a pu compter sur l'écosystème lorsqu'il a traversé un trou d'air de deux ans (-30 % de chiffre d'affaires), avant le vote en décembre 2024 sur la prise en charge à 100 % des fauteuils roulants. « J'ai pu compter sur les députés locaux pour faire pression à l'Assemblée, j'ai eu le soutien du préfet, du maire ; c'est précieux », insiste celui qui est par ailleurs membre du club excellence de Bpifrance (qui réunit 2.000 entreprises à fort potentiel de croissance). Car, au-delà des emplois créés, les chefs d'entreprise font vivre au sens large ces territoires en s'y impliquant davantage qu'en ville. Ainsi, six sur dix occupent une autre position (vie associative, sportive, mandat politique, réseau professionnel local). D'ailleurs, deux sur trois se disent investis d'une responsabilité territoriale (sponsoring, accueil d'apprentis, initiatives écologiques…). Parfois, le chef d'entreprise y crée non seulement de la richesse mais il en est aussi le maire : c'est le cas de Pierre Brun, PDG et fondateur de Velfor Plast (280 salariés), à Saint-Pal-de-Chalençon, en Haute-Loire (un millier d'habitants), élu pour son deuxième mandat consécutif. Enfant du coin, il a baptisé son entreprise en utilisant la contraction des deux vallées, le Velay et le Forez, pour créer Velfor. Ils en sont d'ailleurs de formidables ambassadeurs. Car, pour beaucoup, être dans un cadre idyllique, entre verdure et chants d'oiseau, est un atout en termes d'image. « Quand nos clients suédois, japonais, viennent nous voir, ils se croient au Puy-du-Fou. On est à fond dans le cliché du petit village français », relate Benoit Houzel. « Comme par hasard, les représentants de Renault ou Airbus choisissent de venir en fin de semaine ; on leur organise de grandes virées, entre maroilles et bières du coin », raconte Hélène Cattelot. Parmi les autres atouts, ces patrons ruraux citent pêle-mêle la fiabilité de la main-d’œuvre (37 %), des coûts d'exploitation réduits (29 %), la disponibilité du foncier (26 %) ou le réseau avec les entreprises locales (24 %). Difficultés de recrutement Mais attention, la vie n'y est pas toujours un long fleuve tranquille. Principal point noir : les difficultés de recrutement, ressenties par 65 % des sondés (contre 40 % à l'échelle nationale, d'après France Travail). Mais aussi un marché local restreint (35 %), un accès limité aux transports (21 %) ou à l'immobilier d'entreprises (18 %). « Il faut encore plus se vendre que les autres et se rendre sexy pour attirer », souligne Hélène Cattelot, qui mise sur les structures d'insertion, l'apprentissage et les stages. Consciente des pépites qui s'y cachent, Bpifrance à l'intention de s'y déployer. « Seulement 16 % de nos clients sont dans des communes rurales, alors que 30 % de l'industrie française y est », a souligné Nicolas Dufourcq, son directeur général, en annonçant dans la foulée un nouvel appel à projets Entreprendre au cœur des territoires financé à hauteur de 20 millions d'euros par la Banque des territoires.

   

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Les dernières missions confiées à R.C.V. Conseil

Pour votre information, vous trouverez ci-dessous quelques-uns des recrutements qui ont été confiés à notre Cabinet depuis le 20 janvier 2026 :

Chargé Études de Prix CVC - IDF
Chargé d'Affaires TCE - IDF
Technico-Commercial Négoce - IDF
Chargé d'Affaires Contrôle Technique - IDF
Technicien SAV - Bordeaux
Responsable Travaux - Le Mans
Chef d'Equipe - IDF
Assistante Travaux - IDF
Directeur Commercial - IDF
Commercial - IDF
Resp. Activité Régional - Est
Chargé Etudes de Prix - IDF
Chef de chantier - Corse
Conducteur de Trancheuse - Corse
Resp. Pôle Mesuiserie - Lyon
Chargé d'Etudes - Lyon
Conducteur Travaux Réseaux Secs - Marseille
Monteur Electricien - Marseille
Chargé Etudes de Prix - IDF
Ingénieurs Fluides - IDF
Architecte - Papeete
MOEx - Papeete
Ingénieur Structures - IDF

 

 

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Toute l’équipe du Cabinet R.C.V. Conseil : Nathalie, Régis, Marie, Louis-Marie, Gwénaëlle, Cyprien, Amélie, Louis-Marie, Thibault et Marc-Henri se tiennent à votre disposition. Bien cordialement, Régis de la CROIX-VAUBOIS Président 144 Bureaux de la Colline - 92213 Saint-Cloud cedex Tel : 01.55.38.75.00 Le Forum - 27 rue Maurice Flandin - 69444 Lyon cedex 03 Tel : 06.46.36.11.66 contact@rcv-conseil.com www.rcv-conseil.com LinkedIn R.C.V. Conseil  

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